Archives de catégorie : 2016

La catégorie 2016 regroupe tous les “sons de la semaine” publiés durant l’année 2016

Ando et le Gospel Colors

Andomalala Ratovelomanana, dit « Ando », née en France, partage ses racines malgaches à travers le chant. Chef de chœur de Gospel Colors, une chorale gospel qui se réunit au Centre Culturel Oecuménique (CCO) de Villeurbanne, Ando chante également dans différents groupes de musique malgache et dans des chorales, notamment Tiharea (polyphonies du Sud de Madagascar, basées sur le style beko ou békou : chant de griot). Elle est la fondatrice de l’association Ankathileis dédiée à la promotion de la culture malgache dans la région. En 2009, le CMTRA la rencontre à plusieurs reprises, seule ou accompagnée de la chorale Gospel Colors, l’occasion pour Ando de nous raconter le récit d’une vie musicale étroitement liée à la foi protestante.

Berceuse malgache : “Mamisolofo”
Les paroles et la traduction

“Mangina ‘nao zaza, mangina ka tomane
Avia ‘nao babeko, fafao ny rano maso”

“Calme toi mon bébé, arrête de pleurer
Viens là que je te berce, essuies donc tes larmes”

Les parents d’Ando  sont arrivés en France en 1981. Ils sont alors les premiers étudiants immigrés malgaches à Lyon. 0 Vaulx-en-Velin, ils créent leur propre église protestante et la chorale lui étant liée. Ce n’est qu’en 2007 que Ando s’initie au Gospel, alors peu chanté dans les églises protestantes en France. Autodidacte, elle apprend à chanter dans la langue du sud de Madagascar et est influencée par d’autres styles, notamment la variété nord-américaine. Ces diverses influences s’entendent de plus en plus dans les chorales Gospel protestantes qui tendent à apporter une “touche de modernisation” à l’interprétation de leurs répertoires traditionnels.

Le répertoire chansonnier malgache compte environ 900 chants religieux traduits des cantiques anglicans. Que ce soit en France ou à Madagascar, Ando a souvent éprouvé et a toujours dû s’accommoder des réticences des personnels ecclésiastiques à l’égard du Gospel. Pourtant souligne-t-elle, le rapport à la spiritualité est le terreau de ce genre musical, ce que son étymologie rappelle : “God Spell”, annoncer la bonne nouvelle.

Gospel Colors : chant polyphonique sud-africain

Ce chant de résistance issu du répertoire de Gospel Colors leur a été présenté par l’une des chanteuses membres, originaire du Gabon. Les chanteurs du groupe sont tous de confessions et d’origines différentes. Ce qui compte pour Ando au sein de sa formation chorale, c’est davantage la spiritualité que la pratique d’une religion en particulier. Leur répertoire est le reflet de la diversité des cultures d’origine des choristes : chants en malgache, en français, en anglais, taki taki (Guyane), chants en zoulou, du Gabon (Swali), créoles (Martinique). Le groupe se produit lors de concerts, de mariages, de fêtes de quartiers…

Chant polyphonique malgache : “Espoir”
“On a faillit se laisser abattre par les choses de ce monde, mais de par ta venue, tu nous a donné un espoir nouveau …”

La musique malgache est riche d’influences diverses. Issue d’un patrimoine très ancien austronésien (de l’archipel indonésienne), elle emprunte aussi à de nombreuses cultures d’Afrique. Cette musique n’est pas homogène sur l’Île rouge: 18 ethnies aux cultures singulières y cohabitent. La Grande Île est victime d’un racisme latent, parfois de conflits ouverts, entre ethnies : celles des hauts-plateaux (parmi eux : les Mérinas, descendants des peuples asiatiques) et celles des plaines. La culture des côtes (essentiellement d’origines bantoues) représentée dans le groupe Tiharea, l’un des groupes d’Ando, n’est d’ailleurs pas celle d’origine de sa famille. Toutes les ethnies, si elles n’ont pas les mêmes traditions, partagent cependant certaines constantes dans la pratique musicale, et notamment celle du chant polyphonique. La chorale, dont la tradition remonte aux fêtes rituelles des sociétés traditionnelles, est la première, si ce n’est l’unique, mode d’expression musical vocal à Madagascar.

Au niveau international, le genre le plus connu reste certainement le répertoire “ba-gasy” (chants malgaches théatralisés, souvent accompagnés au gorodo). C’est dans les années 1990 que certains groupes s’exportent et redonnent à ce genre une écoute alors qu’il est en voie de disparaître (le groupe Feo-Gasy, avec Erick Manana).

Pour aller plus loin…
> Les enquêtes réalisées par le CMTRA auprès d’Ando : la première / la seconde
> Les répétitions, enregistrées par le CMTRA en 2011, d’une autre chorale Gospel de Villeurbanne : “Gospel Joy” ; la première / la senconde 

Visuel : Photo de profil Facebook du groupe Gospel Colors, 2009

Le rigodon d’Emile Escalle

Un jour de juin 1973, Charles Joisten rencontre Emile Escalle, célèbre violoneux routinier de la vallée de Champsaur dans les massifs du département des Hautes-Alpes. Celui que l’on surnommait “Milou” a vécu de 1900 à 1987  à Molines-en-Champsaur et, comme la plupart des musiciens routiniers, ne vivait pas de sa pratique musicale. Emile était berger et vivait avec sa famille, également présente lors de l’enregistrement. Plusieurs musiciens et ethnologues le rencontrent dans les années 1970. Parmi eux, Charles Joisten tire de cette rencontre conviviale plusieurs enquêtes auxquelles il faut ajouter celles, réalisées dans le même cadre, de Jean-Michel et Hélène Guilcheren. L’objectif est alors de compléter la documentation du musée Dauphinois de Grenoble dans le champ des danses traditionnelles du Dauphiné, et plus spécifiquement autour du rigodon. Le résultat donne à entendre plus de 5h d’un riche répertoire musical ainsi que quelques commentaires sur sa pratique. Plus tard, l’ethnologue et musicien Patrick Mazellier, animé par d’autres problématiques, ira lui aussi à plusieurs reprises à la rencontre de Milou.

Rigodon de Charance (le “coucou”) et sa partition

Capture d’écran 2016-09-01 à 09.40.56 Capture d’écran 2016-09-01 à 09.41.00

Essentiellement joué au violon, le rigodon du Dauphiné est une danse traditionnelle à deux temps issue de la société paysanne étendue de Grenoble à Gap. Traditionnellement transmise oralement, il en existe autant de versions que de vallées, villages, musiciens… Certains rigodons sont identifiables à un lieu : ainsi, Milou interprète celui de Charance, du Solon, de Valgaudemar… Sa pratique reste encore vivace, notamment à Charance où de grands rassemblements villageois continuent à donner le pas. Le rigodon se danse à deux, à quatre ou en rond, ses figures sont relativement peu complexes et structurées, laissant une grande liberté d’ornementation aux danseurs. Alors que cette danse était presque oubliée, plus guerre dansée dans le Dauphiné du milieu du 20ième siècle, les décennies 70 et 80 ravivent son souvenir. Le mouvement en faveur des musiques et danses traditionnelles, les collectes revivalistes engagées en ce sens, celles des ethnologues, la réinterprétation des répertoires, ont permis de redonner une place à cette danse dans le vaste champ de celles traditionnelles : aux côtés des valses, polkas, scottishs, mazurkas,  bourrées auvergnates, danses bretonnes, et autres rondos, qui n’ont pas été autant menacés de disparition.

Rigodon du Solon et sa partition

Capture d’écran 2016-09-01 à 09.40.32

Emile Escalle est musicien routinier : celui appelé à animer les fêtes communales, les cérémonies, les rassemblements. Dans la première moitié du 20ième siècle les musiciens routiniers ont un rôle social important au sein des sociétés villageoises. Ils apprennent la pratique instrumentale des “anciens”, des joueurs des villages voisins, selon leur propre oreille, leurs réinterprétations, parfois compositions. S’ils ne vivent pas de leur art, s’ils sont agriculteurs ou artisans au même titre que de nombreux habitants, ils bénéficient d’une “place à part” au sein de la communauté, jouissant d’une notoriété locale certaine dépassant les frontières communales. La vague de collectes des années 70 engagée par les jeunes musiciens revivalistes se base essentiellement sur les répertoires routiniers, dans une optique artistique, plus que de conservation, de réappropriation de ces airs variés. Les récits de vie narrés au cours de ces différentes enquêtes donnent à entendre les parcours singuliers, une diversité de profils de musiciens routiniers qui ont alors entre 70 et 80 ans et dont la pratique a fortement perdu de sa portée sociale.
Sylvestre Ducaroy, un grand nom de l’histoire des musiciens routiniers, se souvient : “Ces musiciens routiniers croisés au fil des bandes étaient-ils marginalisés au sein de leur communauté villageoise ou se sont-ils taillés une place particulière ? En fait, il ne faut pas trop s’attarder sur le cliché du musicien routinier, témoin esseulé et anachronique. Certes, beaucoup sont porteurs de quelque chose d’anachronique, de survivances, puisqu’on s’y intéresse comme tels. Mais qui ne devient pas quelque part, à 70 ou 80 ans, un témoin de son temps ? On rencontre toutes les histoires possibles. […] Mais dans leur histoire revient toujours l’idée du privilège d’être musicien, ou chanteur. C’est une fierté, et un statut reconnu comme tel, dans un contexte cependant parfois disparu ou presque.1
Reconnu, Emile Escalle l’est très certainement, il demeure une figure de la mémoire locale, en laissant derrière lui un répertoire sans lequel la revitalisation des musiques traditionnelles du Dauphiné, en particulier celle du rigodon, n’aurait pas eu la même couleur.

Rigodon de Valgaudemar et sa partition

Capture d’écran 2016-09-01 à 09.41.29
1 _ Archive du CMTRA : “Histoire d’un fonds …” entretien avec Sylvestre Ducaroy, lettre d’information n°59, 2005

Pour aller plus loin…
> Une partie des enquêtes réalisées par Charles Joisten auprès d’Emile Escalle en 1973 ont été mises en ligne sur le portail régional du patrimoine oral dans le cadre d’une collaboration entre le Musée Dauphinois et le CMTRA au sein du réseau documentaire. Ces notices contiennent de nombreuses partitions transcrites par Charles Joisten, dont celles des rigodons présentés ci-dessus :
Airs instrumentaux (violon) : enquête auprès d’Emile Escalle, dit « Milou, violoneux en Champsaur”  01  /  02 03 04  /  05  /  06
> Notre billet sur le Fonds Charles Joisten

Visuel : Emile Escale et ses proches photographiés lors de l’enquête réalisée par Charles Joisten en 1973. Documentation du Musée Dauphinois de Grenoble.

N’Goni et Balafon burkinabés

Né d’une famille de griots originaire de Bobo Dioulasso au Burkina Faso,  Adama Dembele s’est plongé dans les rythmes d’Afrique de l’Ouest dès l’âge de huit ans, en s’essayant au djembé, au balafon, au n’goni… Adama, “griot” au Burkina, est devenu “musicien professionnel” en Rhône-Alpes où il s’est installé en 2003, et poursuit aujourd’hui ses recherches musicales autour des métissages ouest-africains et européens au sein de différentes formations. L’équipe du CMTRA l’a rencontré en 2011 (consulter ici l’enquête complète).

N’goni et voix : “Anganason”
composition personnelle en langue dioula

Les musiques ouest-africaines sont d’une grande richesse et recouvrent des rythmes, des danses et des contextes d’expression très différents d’un pays à l’autre, mais aussi au sein d’un même pays ou d’une même région. Instruments, styles de jeu et répertoires, varient en fonction des différentes lignées de griots. Cependant, la tradition et la transmission restent des valeurs partagées entre  griots, quelque soit leur appartenance ethnique ou communautaire.

Dans les familles griots, nous explique Adama, le père assure très tôt la transmission orale de la pratique instrumentale. Il se souvient que lorsqu’il était enfant, il se rendait à l’école en semaine et jouait les weekends au côté de son père durant les cérémonies et festivals programmés à Bobo Dioulassou ou dans sa région. Le rôle de la famille d’Adama était alors d’animer les baptêmes, les funérailles, les mariages. Aujourd’hui, l’apprentissage et la pratique de la musique n’est plus une injonction pour les familles de griots, en tout cas comme cela pouvait être le cas dans les années 60-70, et ne doit pas nécessairement devenir une vocation. Adama lui-même est attentif à ne pas précipiter ses enfants vers le même parcours que lui, au nom du maintien d’une tradition culturelle.

Balafon 

Depuis que ses premiers enseignements auprès de son père, Adama cherche à explorer le répertoire traditionnel qui lui a été transmis au prisme de son propre univers, entre la France et le Burkina Faso. Cette quête s’est concrétisée au début des années 2000 au sein d’un groupe de musiques d’Afrique de l’Ouest basé en Belgique, qui l’invite pour une tournée d’un mois et demi en Europe. Au moment où nous rencontrons Adama, en 2011, il fait partie de trois groupes de musique et enregistre son premier album solo. Ces différents projets explorent des mondes musicaux divers (Adama a notamment travaillé aux côtés de musiciens français, finlandais, new-yorkais…), et invitent dans ses formations, aux côtés des instruments traditionnels burkinabés, des saxophones, basses, guitares, pianos… En 2012, Adama s’est vu décerner le prix de reconnaissance d’ambassadeur de la musique burkinabée en dehors du pays.

N’goni et voix : chanson très populaire au Burkina Faso

Pour aller plus loin…
> Les projets de recherche et de valorisation patrimoniale menés par le CMTRA à Villeurbanne nous ont permis la rencontre d’autres musiciens griots du Burkina, ou du Sénégal tels qu’Ibrahima Cissokho ou Moussa Fayé. N’hésitez pas à les écouter!
> Nous avons consacré un billet à Florent Marciau, djembefola, « joueur de djembé », originaire de la région Rhône-Alpes ayant appris la pratique de son instrument en immersion auprès de familles griots au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.
> Nous vous invitons également à consulter le billet sur la danse du Sabar du Sénégal, issu de la rencontre entre Sokhna Thiam et le CMTRA
La rencontre du CMTRA avec Moussa Faye, professeur de Sabar sénégalais et frère de Sokhna Thiam

Visuel : Adama Dembélé en concert, depuis le site de l’Institut Français – Burkina Faso 

LES FÊTES DU 15 AOÛT D’AUTREFOIS…

En 1980, une habitante de Pélussin, commune du territoire du massif du Pilat dans la Loire, partage ses souvenirs autour des processions chrétiennes traditionnelles le jour de la fête mariale du 15 août qui célèbre l’Assomption de la vierge Marie. Cet extrait est tiré de l’enquête “Chansons du Pilat 1” du fonds Jacques Bardot que nous avons plusieurs fois mis en valeur dans ce carnet. Cette semaine nous avons donc choisi de vous présenter l’écoute de la parole d’une habitante, contrastant avec nos précédents billets accès sur des répertoires musicaux.

En France, les processions de l’Assomption existent depuis le règne de Louis XIII et mêlent festivités et rituels religieux. Aujourd’hui, ce jour férié a maintenu sa popularité dans les territoires ruraux, mais sa dimension religieuse est inégalement présente dans les processions comme dans les mémoires. Ces rassemblements étaient avant tout une occasion de réunir les habitants pour célébrer la Vierge et pour louer leur appartenance à une paroisse : les bannières de procession représentent généralement les Saints identifiant une paroisse, une congrégation… L’habitante de Pélussin enregistrée par Jacques Bardot dans cette enquête se souvient ainsi de celles illustrant Saint Laurent, un Saint célébré par de nombreuses Églises de France ; ou encore de Saint Sabin qui, spécifiquement honoré dans le massif du Pilat (un sommet y porte son nom), est une marque identitaire pour le territoire. Saint Sabin fait d’ailleurs l’objet de nombreuses légendes locales (la plus connue affirmant que St-Sabin aurait converti Ponce Pilate, l’étymologie populaire considère que le massif du Pilat tire son nom du célèbre romain).

Aujourd’hui, et depuis notamment la désertification des campagnes qui touche également le costume ecclésiastique, cette tradition de la procession est très peu pratiquée localement et a perdu son caractère ritualisé. Cependant, si les cantiques ne résonnent plus dans la rue, plusieurs manifestations publiques (les défilés de chars, les dépôts de gerbe…), religieux (la messe du 15 aout), festifs (feux d’artifices, fêtes foraines,  concours, bals…) continuent d’animer les villages en ce jour férié et de réinventer ainsi son rôle dans nos temps et territoires contemporains.

Pour aller plus loin…
> L’enregistrement dans son intégralité
> Dans la même région du Pilat : discussion autour des chants de procession et de rogation 
> Celle autour des fêtes liturgiques au village (Véranne, Loire)

Visuel : photos de Céline et Jacques Lanciault, “L’assomption de la VIerge”, Le Corrège, XVIe siècle, dôme de Parme (Italie)

Musiques en Pays de Cèze

En 1998, l’édition de l’Atlas Sonore n°13 “Cévennes, Pays de Cèze”, de la collection “Atlas Sonores” du CMTRA, co-produit avec le Centre Languedoc-Roussillon des Musiques et Danses Traditionnelles, donne à entendre une partie de l’enquête menée par Valérie Pasturel entre 1995 et 1997. Durant cette recherche en ethnographie musicale, pas moins de 22 heures d’enregistrements de récits de vie, de chants, d’airs instrumentaux, de dictons et formules, de paysages sonores… dont plusieurs en langue occitane, sont collectées pour révéler la richesse de ce territoire imprégné d’influences variées.
Le Fonds Valérie Pasturel – Enquêtes en Pays de Cèze a été intégralement numérisé (les enregistrements originaux sont conservés au CMTRA) et est désormais disponible en ligne sur le portail oral du Languedoc-Roussillon.

Nous vous proposons l’écoute de cette enquête autour du répertoire chanté et des formulettes des Vans, réalisée auprès de Marguerite et Paul Vidal et collectée en 1995 par Valérie Pasturel : 

L’écoute est disponible ici

La description de cette enquête est visible sur le portail oral du Languedoc-Roussillon 

Lors de l’élaboration de ce travail de collecte puis de valorisation, la collaboration des deux Centres des Musiques Traditionnelles du Languedoc et du Rhône se justifie par les liens forts qui se jouent sur le territoire des Cévennes au delà des frontières régionales établies. Partagés entre Gard, Lozère, et Ardèche, les habitants se disent “Cévenols”, affirmant une identité culturelle propre à cette chaîne montagneuse.  Lorsque Valérie Pasturel s’arme de son micro c’est pour interroger la  mémoire de la culture « des gavots » et la place accordée à la musique dans leur travail : chez les mineurs, les femmes des usines de filatures, les ramasseurs de châtaignes, ou encore pour les nombreux musiciens routiniers. La diversité des profils qu’elle rencontre est significative de l’empreinte de l’immigration ouvrière : beaucoup de saisonniers ont contribué à rendre cette culture généreuse,  à l’enrichissement des répertoires et à la variété des instruments, originaires d’autres régions françaises (d’Auvergne, de Provence, du Bas-Languedoc…) et d’horizons plus lointains (des polonais, italiens, espagnols, arabes…).

Pour aller plus loin…
> Accédez au Fonds Valérie Pasturel – Enquêtes en Pays de Cèze
> Consultez la fiche “Patrimoines sonores du Pays de Cèze” 
> Ecoutez les enregistrements sélectionnés pour l’Atlas sonore n°13